30.12.2007
Attentats de Soliman - Le tribunal rend son jugement : Peine capitale contre deux inculpés et Prison à perpétuité pour huit autres
TUNIS, 30 déc 2007 (TAP) - La Chambre criminelle près le tribunal de première instance de Tunis a rendu, dans la matinée du dimanche 30 décembre, son jugement dans l'affaire du groupe impliqué dans les actes terroristes perpétrés, vers la fin du mois de décembre de l'année dernière, dans la région de Soliman et dont le bilan fût de 2 morts et 3 blessés parmi les forces de l'ordre et 12 morts parmi les membres du groupe terroriste ainsi que l'arrestation de tous les autres membres de ce groupe.
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Il ressort du jugement que la culpabilité de tous les inculpés a été établie du chef d'incitation des gens à s'attaquer les uns aux autres et à provoquer le désordre et le meurtre sur le territoire tunisien dans le cadre d'une entreprise terroriste collective visant à semer la terreur parmi la population, hormis les dénommés Khelifa El Graoui, Nafti El Banneni, Mohamed Khelil Zendah et Zouhair Jerid, condamnant sur cette base :
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- Imed Ben Ameur et Sabeur Ragoubi à la peine de mort,
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- Sahbi Nasri, Fethi Salhi, Wael El Amemi, Mohamed Beltifa, Ali El Arfaoui, Mokhles Ammar, Ramzi El Ifi, Oussama El Abedi à l'emprisonnement à perpétuité,
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- Ali Essassi, Zied Essid, Mohamed Amine El Jaziri, Badr Eddine El Ksouri, Taoufik Lahouimdi, Majdi Latrach, Ahmed El Mrabet, à trente ans d'emprisonnement,
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- Jaouher Slama, Mohamed Amine Dhiab à vingt ans d'emprisonnement,
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- El Kamel Om Heni, Jaouhar El Kassar à quinze ans d'emprisonnement,
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- Mehdi El Haj Ali, Mohamed El Bakhti à douze ans d'emprisonnement,
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- Hatem El Raiebi, Jamel Eddine El Mallekh à dix ans d'emprisonnement.
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- Marouane Khelif à huit ans d'emprisonnement.
Le tribunal a en outre établi leur culpabilité quant aux autres chefs d'accusation retenus contre eux, excepté Wael El Amemi, décidant du non lieu à son encontre pour la tentative de meurtre qui lui est reprochée.
Le Tribunal a de même estimé qu'il y avait lieu à concours réel d'infractions quant aux autres chefs d'accusation établis à leur encontre devant être considérés comme faisant partie intégrante de l'infraction principale d'incitation des gens à s'attaquer les uns aux autres et à provoquer le désordre et le meurtre sur le territoire tunisien.
Le jugement a d'autre part établi la culpabilité de Khalifa El Graoui, Nafti El Banneni et Mohamed Khalil Zendah pour appartenance à une organisation terroriste les condamnant à des peines d'emprisonnement de sept ans pour le premier, à six ans d'emprisonnement pour le second et à cinq ans d'emprisonnement pour le troisième d'entre eux.
La culpabilité de Zouheir Jerid a été de même établie pour détention, port et transport de produits explosifs. Il a été condamné à cinq ans d'emprisonnement.
Un non lieu a été prononcé à leur encontre pour les autres chefs d'inculpation dont ils sont poursuivis. Le tribunal a de même décidé de placer tous les inculpés, excepté Imed Ben Ameur et Sabeur Ragoubi sous le régime du contrôle administratif pendant cinq années et la confiscation des sommes d'argent, voitures, armes, munitions ainsi que l'ordinateur saisis au profit de l'Etat.
Le tribunal, a par ailleurs, décidé de la recevabilité de l'action civile quant à la forme sans en connaître quant au fond, étant donné que la partie civile s'est réservée le droit de demander réparation ultérieurement.
Au cours de l'audience qui s'est ouverte dans la matinée du samedi 29 décembre et qui s'est poursuivie jusqu'au lendemain matin, les 30 inculpés ont comparu en état d'arrestation devant le tribunal.
Il a été procédé à leur interrogatoire, pour les faits pour lesquels ils sont poursuivis, en présence de leurs avocats qui ont été autorisés à leur poser toutes les questions jugées nécessaires à apporter les éclaircissements sur les circonstances de l'affaire.
Ces interrogatoires ayant duré neuf heures, le tribunal a décidé de suspendre l'audience pour la poursuivre ultérieurement avec les plaidoiries des avocats de la partie civile, représentant les héritiers des deux agents de l'ordre, victimes de ces actes de violence.
Les avocats de la partie civile ont tenu à présenter leurs plaidoiries relevant la gravité des crimes commis par les accusés ainsi que les préjudices graves qui en ont résulté pour leurs clients demandant l'établissement de leur culpabilité et leur condamnation tout en se réservant le droit de demander réparation du préjudice subi.
La parole a ensuite été donnée au ministère public qui a rappelé les faits reprochés à chacun des prévenus, leur qualification pratique et juridique et les preuves accumulées à leur encontre, en particulier les armes, munitions et explosifs saisis, mettant l'accent sur la gravité des crimes commis et leur incidence sur la quiétude et la sécurité de la société tunisienne, outre qu'ils portent atteinte aux valeurs de la société.
Le ministère public a requis à l'encontre des prévenus les peines les plus sévères.
Prenant à leur tour la parole, les avocats de la défense ont de nouveau demandé le report de l'audience pour la préparation de leurs plaidoiries.
Ils s'en sont tenus à leurs demandes bien que le président du tribunal ait accédé auparavant à leurs demandes de report à quatre reprises et les ait dont invités à plaider.
Un certain nombre d'avocats ont alors quitté la salle d'audience après avoir assisté à l'interrogatoire de leurs mandants et après leur avoir adressé des questions d'éclaircissements par le biais de la Cour.
L'audience s'est ensuite poursuivie en présence des avocats de la partie civile et des avocats de la défense qui ne s'étaient pas retirés, ainsi qu'en présence des journalistes et des familles des prévenus.
Les trente prévenus, rappelle-t-on, avaient été déférés devant la Chambre d'accusation de la Cour d'appel de Tunis puis devant la Chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis afin de répondre des chefs d'inculpation d'appartenance à une organisation ayant fait du terrorisme un moyen pour réaliser ses desseins, de participation à un entraînement militaire dans le but de commettre des crimes terroristes, de détention, port et transport d'armes, munitions et explosifs, de recrutement et d'entraînement d'un groupe de personnes dans le cadre d'une entreprise terroriste, de mise à disposition d'armes et explosifs au profit d'une organisation terroriste, de participation à une rébellion armée au cours de laquelle il a été porté atteinte à un fonctionnaire et ayant entraîné la mort, de tentative d'homicide volontaire avec préméditation et d'incitation des gens à s'entretuer et à provoquer le désordre et le meurtre sur le territoire tunisien.
Toutes les parties concernées ont le droit d'interjeter appel de ce jugement en application du régime de juridiction à deux degrés en matière criminelle, régime en vigueur dans le droit tunisien.
17:35 Publié dans JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Justice, Attentats de Soliman, jugement, Peine de mort
20.11.2007
وضع حد للتمييز فكرا وممارسة: المدخل الوحيد نحو الإصلاح الشامل
الأستاذ نور الدين البحيري*
تشهد البلاد منذ مدة حراكا نسبيا يؤشر على تطور الإستعدادات لدى الكثيرين ( فعاليات ومجموعات ) للتحرر بأقدار متفاوتة من الخوف والإنتظارية السلبية.وإذا كان توسع دائرة المؤمنين بضرورة تجاوز موقف المتفرج والفعل الإيجابي في الواقع بمختلف الأشكال والصيغ المتاحة أمرا إيجابيا في حد ذاته فإنه لا مفر من تأكيد الخشية من أن يؤدي التركيز على إبراز بعض القضايا الفوقية والجزئية فردية كانت أو حزبية ( رغم مشروعية التحرك من أجلها ) والإفراط في إستعمال أحد الأشكال النضالية إلى تجاهل القضايا العامة الجوهرية التي تشغل بال أوسع فئات الشعب وإلى فشل تلك التحركات وعزلتها عن العموم والنخب على حد سواء بما يضاعف من إحتمالات إصابة المبادرين بها قبل غيرهم بالإحباط و إهتزاز ثقتهم في أنفسهم وفي محيطهم بعد أن يكون تسبب في إبتذال الأداة النضالية المتبعة وإفقادها قيمتها وتأثيرها ــ
وإنني أعتقد شخصيا ( والله أعلم ) أنه من الضروري جدا التنبيه إلى أن الأهم من النجاح في إختيار الشكل النضالي والعناصر المشاركة النجاح في تحديد محتوى التحرك وأهدافه وشعاراته وأفقه بعد التوافق الأوسع على ضبط الأولويات والتي يجب أن تكون وطنية وجامعة بعيدا عن الإعتبارات الشخصية والفئوية والحزبية مع تقديم الأهم على المهم والعام على الخاص والشامل على الجزئي... في مسعى نضالي مترابط الحلقات منطلقه مطلبي جامع وأفقه المساهمة في تحرير المجتمع من حصار السلطة وهيمنتها ووضع حد ( ولو بتدرج ) لإختلال موازين القوى بين مكونات المجتمع المدني وفعالياته ومؤسساته من ناحية والحكم من ناحية ثانية كخطوة نحو الإصلاح الشامل.
ومن هذا المنظور وحتى لا تتحول التحركات المتفرقة إلى أعمال متوازية تعيق بعضها بعضا وفاقدة لكل أثر إيجابي إن لم تتحول إلى سبب من أسباب تفجير التناقضات والتحريض على التناحر والدفع نحو الإحباط في أوساط عديدة أرى من الضروري التذكير أن قراءة بسيطة لواقع البلاد تكشف بوضوح أن ما يعانيه مجتمعنا من خوف وشلل وما تعانيه أحزاب المعارضة وهيئات المجتمع المدني وفعالياته من ضعف وتشتت وعزلة ليس إلا بعضا من آثار الكارثة التي حلت ببلادنا خلال العشرية الماضية بعد أن إلتهمت آلة القمع المتغولة كل الثيران والأرانب على حد سواء يوم أكلت الثور الأبيض.
14:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Opposition, Justice
28.07.2007
Injustes congratulations
Les périodes de fêtes nationales sont les périodes les plus dures qu’un prisonnier politique peut endurer
C’est-ce que m’expliquait un ancien prisonnier. Une attente de grande incertitude qui commence des semaines auparavant et à mesure que la date fatidique se précisait, la tension, le stress et l’angoisse pesaient de plus en plus sur cet univers coupé à part.
De la question de la possibilité d’une éventuelle grâce à cette occasion on passe petit à petit à celle de son étendue. Au fond de chaque prisonnier politique ou d’opinion il y’a un espoir caché au fond de son intime réalité qui martelait les longues nuits et les interminables journées de cette attente infinie.
C’est une autre forme de torture qui se répète douze à quinze fois par an ; pour certains depuis plus de 17 ans.
Hier, (24L7) dans la maison de Med Abbou, maison qui nous est devenue familière au cours de ces deux dernières années, j’ai choisi de m’installer dans la véranda en face de la porte fenêtre tout en observant le va et vient et cette joie qui régnait avec ses interminables congratulations avec les sonneries incessantes des cellulaires et un brouhaha dans lequel on distinguaient difficilement les discussions échangés par les uns et les autres.
Du déjà vu au cours de notre triste réalité tout au long de ces dernières années. Chaque fois qu’un otage est délivré on ne peut qu’oublier et se fondre dans ce bonheur éphémère de la retrouvaille d’un cher ou d’un ami alors que le prochain otage pourrait être n’importe qui parmi nous sans qu’aucun ne se pose la question s’il n’est pas la prochaine proie que la dictature choisira. Le même scénario vécu à la maison de Hamma Hammami ou de Zouheir Yahyaoui s’est répété hier chez Samia Abbou.
Dans cette maison le seul étranger était Mohammed, amaigri, on dirait rajeuni, agité, il ne s’arrête pas de se déplacer accroché à un appel ou donnant l’accolade à quelqu’un et je me demandais quand allons nous enfin les quitter pour le laisser à ses enfants.
Samia Abbou, quand à elle saisie l’occasion de trouver un siège qui vient de se vider à coté de moi pour s’asseoir, rayonnante et le visage éclatant de bonheur elle me prend par surprise en se penchant sur moi et en m’interpellant par cette étrange question : « Est ce que c’est juste que nous soyons heureux à cette occasion alors que chaque fois qu’on nous prend injustement quelqu’un pour le détenir pendant de longues années et nous le rendre ensuite , nous nous congratulons oubliant par la même les années volées injustement de la vie d’un innocent et de sa famille »
Injustes congratulations, il y’a ceux qui fêtent leurs fêtes et ceux qui fêtent leurs délivrances de prison…
Yahyaoui Mokhtar
01:25 Publié dans Droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, Repression Politique, Justice



